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Affaire Farba Ngom : les zones d’ombre d’une audition au Pool judiciaire financier

Auditionné au fond lundi au Pool judiciaire financier dans le cadre du dossier des 125 milliards de francs CFA issus d’un rapport de la Centif, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a été longuement interrogé durant plus de quatre heures. Une audition marquée par l’état de santé préoccupant du mis en cause et, surtout, par l’absence de questions sur l’infraction principale de détournement de deniers publics, selon ses avocats.

Mouhamadou Ngom, dit Farba, a comparu lundi 15 décembre 2025 devant le Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF), dans le cadre de l’enquête portant sur une présumée affaire de détournement de 125 milliards de francs CFA, révélée par la Cellule nationale de Traitement des Informations financières (Centif). Arrivé au PJF à bord d’une ambulance, après plus de neuf mois de détention préventive, le député-maire des Agnam a été entendu par le président du Collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra, assisté d’un substitut du procureur financier. L’audition, annoncée comme déterminante, a finalement duré plus de quatre heures, en raison de l’état de santé jugé « préoccupant » de l’accusé.

Selon Me Baboucar Cissé, l’un de ses avocats, Farba Ngom éprouvait d’importantes difficultés respiratoires durant l’interrogatoire. « Il arrivait des moments où il étouffait. Le juge lui accordait alors des pauses pour lui permettre de reprendre ses esprits et de prendre ses médicaments », a-t-il confié, ajoutant que son client présentait parfois un état de somnolence incompatible avec un interrogatoire soutenu.

Malgré ces conditions, Farba Ngom aurait tenu à répondre aux questions du juge et du parquet. Toutefois, un élément majeur suscite l’incompréhension de sa défense : aucune question ne lui aurait été posée sur le détournement de deniers publics, pourtant au cœur des charges retenues contre lui. « Les questions ont essentiellement porté sur ses relations avec l’homme d’affaires Tahirou Sarr et sur des flux financiers entre leurs sociétés respectives », confie une source proche du dossier.

Poursuivi pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et escroquerie portant sur des deniers publics, Farba Ngom aurait nié toute implication dans des opérations liées au Trésor public. À la barre, il a affirmé n’avoir jamais reçu de virement du Trésor ni remporté de marché public, invitant les autorités judiciaires à procéder à toutes les réquisitions nécessaires pour le vérifier.

Le rapport de la Centif, à l’origine des poursuites, fait état de plusieurs opérations financières, notamment l’émission de quatorze chèques d’un montant global de 5,3 milliards de francs CFA au profit d’une société liée à Farba Ngom, ainsi que de virements cumulant 6 milliards de francs CFA en provenance d’une structure appartenant à Tahirou Sarr. Des éléments que l’intéressé conteste formellement. Farba Ngom a également rejeté toute intervention auprès du Trésor public, allant jusqu’à déclarer ne jamais avoir mis les pieds dans le bureau du Trésorier général. Il a, par ailleurs, nié toute relation avec Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, ainsi qu’avec certaines sociétés citées dans le dossier, dont Woodrose.

Placée sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, Farba Ngom est impliqué dans deux procédures distinctes : l’une comme complice présumé dans un détournement de 91 milliards de francs CFA aux côtés de Tahirou Sarr, l’autre comme auteur principal dans une affaire portant sur 31 milliards de francs CFA. Son état de santé, qui a déjà nécessité plusieurs évacuations médicales, reste au centre des préoccupations de sa défense, qui plaide pour sa libération provisoire.

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