Dakar : un peintre condamné pour diffusion de photos intimes de son ex-compagne
Par esprit de revanche à la suite d’une rupture conflictuelle, L. Mbogué a diffusé sur son statut des images intimes de son ex-compagne, S. Diédhiou. Jugé hier par le tribunal des flagrants délits de Dakar, il a été condamné à deux ans de prison, dont un mois ferme, pour diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs.

La vie de S. Diédhiou a basculé le jour où des proches l’ont alertée de la diffusion, sur les réseaux sociaux, de photos intimes la concernant. Ces images avaient été publiées par son ancien compagnon, L. Mbogué, avec qui elle entretenait une relation devenue conflictuelle, marquée par des disputes répétées et des échanges d’invectives ayant conduit à leur séparation.
Selon les éléments du dossier, c’est dans un contexte de rupture mal acceptée que l’accusé, peintre de profession, a choisi de rendre publiques ces images, dans ce que la partie civile a qualifié d’acte de vengeance. S. Diédhiou a alors porté plainte pour collecte illicite de données à caractère personnel et diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs. À la barre, L. Mbogué a nié toute intention malveillante, soutenant que seules trois personnes auraient aperçu les photos avant leur suppression et affirmant ignorer le caractère pénalement répréhensible de son geste. Il a également tenu des propos minimisant les faits, estimant que les images ne portaient pas atteinte à la dignité de son ex-compagne.
La partie civile a fermement contesté cette version, précisant que l’une des photos avait été prise à l’insu de la victime et que celle-ci y était clairement identifiable, constituant ainsi une atteinte manifeste à sa vie privée. Après quatorze mois de relation fondée, selon elle, sur une confiance totale, S. Diédhiou a choisi de ne pas réclamer de dommages et intérêts. De son côté, la défense a reconnu le caractère regrettable des faits, évoquant un acte posé sous l’emprise de la colère, et a sollicité l’indulgence du tribunal.
Dans sa décision, le juge a relaxé L. Mbogué du chef de collecte illicite de données à caractère personnel, mais l’a reconnu coupable de diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs. Tenant compte du désistement de la partie civile, le tribunal l’a condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un mois ferme.


