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BIRAME SOULEYE DIOP, DÉPUTÉ-MAIRE DE THIÈS-NORD «Nous tous avons fait nos testaments et allons participer à ces prochaines confrontations»

Le ton continue de monter dans les rangs des politiques. A la suite d’Ousmane Sonko qui dit avoir déjà fait son testament en clamant qu’il en est à son «terminus» dans ce dossier Sweet Beauté (dans lequel Adji Sarr l’accuse de viol et menaces de mort et qui a été renvoyé, par le Doyen des juges d’instruction, en jugement devant la Chambre criminelle de Dakar) et que soit le président Macky Sallle tue ou que lui le tue, des réactions ont fusé de partout. D’abord des rangs des responsables de la mouvance présidentielle qui ont tenu la dragée haute au leader de PASTEF. Après un round d’observation de quelques jours, ses partisans lui enjambent le pas. A l’image de Birame Soulèye Diop, maire de Thiès Nord, président du groupe parlementaire de Yewwi et N°2 de PASTEF qui hier, a émis sur le même ton de radicalité que son leader.
A la faveur d’un point de presse organisé hier, Birame Souleye Diop a manifesté la détermination de ses camarades du parti PASTEF de se joindre à cette confrontation qu’entend engager leur leader, Ousmane Sonko contre Macky Sall et son gouvernement.
«Il est dit que le tribunal rend la justice au nom du peuple. Mais, nous savons tous que dans l’affaire Ousmane Sonko, la justice a rendu sa décision depuis longtemps. Les autorités judiciaires sont passées, depuis longtemps, à côté des conditions d’une distribution normale de la justice. Aujourd’hui, ils sont à la recherche d’un moyen de supprimer, de la liste, un candidat politique. Donc, ce n’est pas aujourd’hui que nous allons changer de discours. Parce que nous estimons que toute personne qui est face à des gens qui veulent sa peau, qui les laisse dérouler leur plan d’exécution, jusqu’au bout et à leur guise, celle-là peut être considérée comme quelqu’un qui s’est suicidé, si le malheur s’abattait sur lui. Si Ousmane Sonko acceptait de se laisser faire, nous, tous, allions croiser nos bras, sachant qu’il a préféré se donner la mort. Macky Sall ne comprend que le langage de la violence. C’est à nous de lui montrer que nous sommes aussi engagés et déterminés que lui. Je lui signale que nous sommes totalement en phase avec Ousmane Sonko, par rapport à sa volonté affichée. Nous sommes déterminés à suivre sa personne et ses directives», a déclaré le président du groupe parlementaire Yewwi Askan-Wi. Il en a profité pour rappeler que «Macky Sall avait annoncé en 2011 que ‘le combat contre ce gouvernement se fera dans la rue’. Il nous a invité sur ce terrain, si Dieu le veut, nous allons répondre à son appel».
«Si Ousmane Sonko acceptait de se laisser faire, nous tous allions croiser nos bras, sachant qu’il a préféré se donner la mort»
A l’endroit des forces de défense et de sécurité, Birame Souleye Diop signale que ses camarades et lui, sont informés des faveurs présidentielles qui leur sont accordées. «Macky Sall a détourné beaucoup de milliards qui devaient revenir à l’Armée et les a injectés dans la gendarmerie pour leur payer des armes. Nous avons tout vu. Les Sénégalais aussi ont les yeux ouverts. La justice ne s’est toujours pas prononcée sur les évènements qui avaient engendré 14 morts. Cette juste est plus prompte à prendre en charge des détails mineurs. Mais elle tarde encore à se prononcer sur le cas des 14 victimes des manifestations de mars 2021. Aucune enquête n’a été menée pour situer les responsabilités. Nous avons vu toute cette manipulation. On le voit poser des actes en direction de ce qui nous attend tous. Mais, s’il pense qu’il a devant lui des peureux, Ousmane Sonko a fait son testament, nous tous avons fait nos testaments. Et nous allons participer à ces prochaines confrontations. Nous en sortirons vainqueurs ou bien tous terrassés par Macky Sall. Il faut que ce soit clair», prévient-il.
Pour les membres de PASTEF Thiès, entre autres, leur réclamation est que «la justice joue pleinement sa mission. Que les ministres épinglés dans le rapport de la Cour des comptes, sur la gestion des fonds Covid, soient traduits devant la justice. Nous sommes conscients que si Ousmane Sonko était épinglé pour fautes de gestion, aujourd’hui, il n’aurait pas eu ce traitement-là», a dit Birame S. Diop.
«En tout cas, ici à Thiès, nous ne serons pas à la traine»
Le N°2 de PASTEF a rappelé que leur volonté de croiser le fer avec Macky Sall est légitime. Ce en ce sens que «c’est en mars 2017 que Macky Sall avait décidé de sortir Khalifa Sall de la course vers la présidentielle. Au mois de mars 2018, il a pris la même décision contre Karim Wade». Macky Sall, indique-t-il, «est ce genre de président qui, à chaque veille d’élection présidentielle fait tout pour écarter des candidats aux joutes. Il choisit ceux qui vont être ses adversaires, mais il ne le fait jamais avec élégance. Il trouve qu’il a fait des choses inédites au Sénégal, qu’il a fait des réalisations qu’aucun de ses prédécesseurs n’a jamais fait, mais il n’ose pas rivaliser avec un adversaire devant les Sénégalais», a souligné le maire de Thiès-Nord qui invite ses camarades ‘pastefiens’ à se préparer aux confrontations. «Soyons prêts et mettons nous en position. Sachant que Macky Sall nous appelle à la confrontation. En tout cas, ici à Thiès, nous ne serons pas à la traine», a-t-il promis.



