Chine: Pékin va-t-elle assouplir sa politique «zéro Covid» ?

Depuis la fin du Congrès du PCC, il y a deux semaines, les déclarations sur un changement de la politique sanitaire chinoise se multiplient et on attend une nouvelle réunion des épidémiologistes ce samedi 05 novembre.
La Chine va-t-elle modifier significativement sa stratégie «zéro Covid» ? C’est ce qu’a affirmé, ce vendredi 04 novembre, un expert de la commission nationale de la santé lors d’une conférence sur le thème de la sortie de la non-tolérance absolue avec le virus, alors que la plupart des pays du monde ont décidé de cohabiter avec la maladie.
Vœux pieux ou début d’un plan d’inflexion du « zéro Covid », ces déclarations qui ont réveillé les bourses chinoises sont à prendre avec précaution. D’abord, parce que ce n’est pas la première fois que des telles spéculations apparaissent. Ensuite, parce que depuis l’été 2021, il existe des divergences parmi les épidémiologistes et au cœur du pouvoir chinois sur la politique à tenir en matière de lutte contre l’épidémie. Or, depuis le confinement de Shanghai au printemps dernier, on sait que c’est la ligne dure qui a triomphé. Enfin, avec l’arrivée de l’hiver et le rebond omicron, on ne peut pas dire que l’étau sanitaire se desserre, bien au contraire.
Nouvelles mesures dans les six mois
Prudence donc, mais c’est vrai que les déclarations se multiplient et ce ne sont pas que des « on dit ». Il y a d’abord eu, le 25 octobre dernier, le fonds d’investissement Allianz qui a évoqué cette levée des restrictions à court terme. Puis le week-end dernier, cette réunion entre des experts et Wang Huning, l’idéologue du régime, numéro du parti, qui aurait reparlé d’un assouplissement des mesures sanitaires après la réunion du Parlement chinois en mars prochain.
Enfin, il y a ces propos de Zeng Guang rapportés par Reuters lors d’une nouvelle conférence sur la sortie du « zéro Covid » organisée par la Citibank. À 76 ans, l’ancien chef du CDC (Centre de contrôle et de prévention des épidémies) affirme que de nouvelles mesures vont être mises en place dans les cinq ou six mois à venir, dont des quarantaines encore raccourcies à l’arrivée sur le sol chinois. Une évolution planifiée et progressive de la stratégie sanitaire dont il devrait être à nouveau question ce samedi 5 novembre dans l’après midi à Pékin, lors de la conférence de presse commune du Conseil d’État et de la Commission nationale de la santé.
Diminution des restrictions aux frontières
Cette hypothèse d’une nouvelle diminution des restrictions aux frontières, réclamée notamment par les entreprises, remonte régulièrement parmi les cercles proches du pouvoir. Après avoir ramené les quarantaines à l’entrée du territoire à sept jours cet été, ces dernières pourraient donc encore se contracter. Ce qui ne signifierait pas pour autant un abandon complet de la « grande muraille sanitaire », saluée par le parti comme l’élément principal de la victoire contre le virus.
Pour aller vers un allègement de la stratégie épidémique chinoise, les optimistes évoquent l’arrivée des nouveaux traitements, du nouveau vaccin oral chinois contre le Covid du laboratoire CanSinoBio, de l’attente d’une ouverture du marché chinois aux vaccins BioNTech distribué par Fosunet, des bilans d’infection marqués par l’explosion du nombre des asymptomatiques. Les pessimistes disent en plaisantant sur les réseaux sociaux que la Chine ne changera pas de politique tant qu’Omicron n’aura pas muté en probiotique. Car le « zéro Covid » et les « codes santé » sur les smartphones sont aussi de formidables outils de traçage et de surveillance de la population, dont le régime pourrait avoir du mal à se passer.



